Villa (2009)

Pour – grâce à Mathieu, Benjamin, Emi et Orphée

“Je me souviens avoir vu un concert de Romain Kronenberg à la Fondation Cartier, il y a quelques années déjà : plusieurs guitares soutenant un bourdonnement dense et fort, comme du Sunn O))) joué par jeunes gens assis sur des chaises, la tête dans les cordes, vibrantes. Depuis, j’ai retrouvé Romain Kronenberg, par ailleurs plasticien vidéaste, via Facebook et il m’a envoyé un lien pour télécharger un album qu’il vient de faire : disque virtuel, donné à tous, disponible sur son blog, à télécharger et titré “Romain Kronenberg 2009′′. Chaque morceau est daté d’un jour particulier, ce qui évoque, en moins systémique, la manière dont La Monte Young titrait ses compositions, y inscrivant jour, heure de début et heure de fin de chaque performance, pour signifier l’inscription dans le temps, mais aussi la possible continuité. Ici, le disque est davantage comme le déroulé intime d’une année, prise en pointillés (et surtout en septembre). C’est extrêmement délicat, pratiquement ambient, abordant une étrange tristesse, évoquant de loin des échos de Durutti Column, de Wim Mertens, s’éloignant de mes souvenirs de ce premier concert et allant vers une sorte de paysage sonore pas très éloigné de celui de labels comme Root Strata ou Sonic Meditations, à l’esthétique de teignes renfrognées – même si, ici, il semble y avoir moins d’attaque rock et davantage de lumière et de joie, mais qui passent trop vite.”

Joseph Ghosn

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