SANS QU’AUCUN MATIN

SANS QU’AUCUN MATIN (2021) – roman, série en six épisodes.

« Simon n’est pas triste, mais il peut être inquiet. Chercher inquiète. Parfois, tu te souviens de l’enfant qui pleurait dans tes bras, devant l’éclat, dans le mur. Tu te souviens de la faille, le sans-fond que tu as vu ce jour là. Parfois, tu te dis que c’est précisément de cette faille que jaillit l’énergie qui l’anime. Tu te dis aussi que c’est auprès de cette faille qu’il trouvera les réponses. Mais ça, tu ne peux pas lui dire. » extrait du roman Tout est vrai.

SYNOPSIS : Simon a terminé ses études et il consacre désormais tout son temps, son énergie, au développement de son application, qui mettrait en relation des personnes – mais juste pour un temps limité « parce que ce qui est éphémère est toujours plus précieux », pense-t-il ; un projet qu’il souhaite éprouver dans sa vie, auprès de ses nouveaux amis, Mircea et Rivière, et qu’il a ainsi nommé : Sans qu’aucun matin jamais ne soit la garantie du soir à venir.

avec Pablo Cobo, Brendan Hains, Barthélémy Pollien, Audrey Bonnet, Mathieu Genet, Valentine Cadic. Musique originale Romain Kronenberg.

BOAZ

BOAZ (2018-2021) – roman (128p, ed. Sator), film (25 min), sculptures, photographies, œuvre sonore, vidéo, performance.

Sujet du roman : Au sein de la communauté où il a grandi, un jeune homme est désigné légende. C’est Boaz. Maintenant, il a dix huit ans. La journée, il travaille à l’épicerie avec Amos, son presque père, et le reste du temps il le passe avec Malachie, son presque frère qui étudie désormais à l’université. Avec Amos et Malachie, Boaz nourrit un lien unique, Deborah en est témoin. Entre Paris où ils vivent tous les quatre et l’île italienne où ils passent tous leurs étés, le temps passe. Maintenant, le temps a passé. Boaz, Malachie et Deborah ont vingt ans et chacun est peu à peu devenu ce qu’il est, absolument, et quel qu’en soit le prix.

Synopsis du film : Avec sa petite caméra qu’il garde toujours près de lui, Boaz filme son quotidien, et en particulier Malachie, son presque frère duquel il est inséparable. D’ailleurs, pour les vacances d’été de leurs vingt ans, sur l’île, ils ont le projet de réaliser un film ; une idée de Malachie qui souhaite lever le voile sur la véritable nature de son frère, qui souhaite dire enfin pourquoi il l’admire tant. Mais Amos, leur père, annule les vacances et Boaz décide de convaincre Malachie qu’ils fassent leur film, malgré tout.

Le film Boaz est constitué de documents produits par ses personnages eux-mêmes : images filmées par Boaz, sur sa petite caméra ; photographies d’Amos tirées de ses albums photos. A trois reprises dans le film, des témoignages sonores livrés par Deborah alors interrogée, vingt ans plus tard, au sujet de la disparition de ses frères, éclairent les images d’un jour nouveau.

EXTRAIT DU ROMAN : « Tu te souviens de mes parents ? Parce que toi, tu as oublié. Bien sûr, il te reste les images. La poussette dans l’embrasure de la porte de l’épicerie, lorsque ta mère venait te chercher, le soir. Et la caméra grise, dans la boite. Mais voilà, le temps passe et les images s’érodent. Alors Amos te parle de tes parents. Le plus souvent, il les appelle par leurs prénoms. Tu te dis qu’ils étaient ses amis, que c’est normal, et ça te touche. Un client entre, un vieil homme. Il vous salue, comme chaque jour. Il entend Amos qui parle, il vient vers toi et il te parle, lui aussi. Il semble aussi heureux des souvenirs qu’il exhume que peiné, aussitôt qu’ils sont dits. Un autre client entre. Un troisième. Ils oublient que tu es là, et parlent sous tes yeux fiers de ceux qui t’ont créé. Ils les appellent par leurs prénoms, comme on nommerait des charges. Amos écoute, comme toi, tout le quartier qui vibre. L’épicerie comble de gens paisibles, communiant. Et puis l’un après l’autre, les gens partent sans qu’aucun ne manque de te toucher. Tu restes là, interdit, dans le silence, gardé. »


Crédits : film avec Yannis Amouroux, Audrey Bonnet, Mathieu Amalric & Zéphir Moreels. Montage Romain Kronenberg, direction de la photographie Julia Mingo, musique originale Romain Kronenberg, produit par Delphine Schmit (Tripode Productions). Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée.

Le projet Boaz a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation des artistes, avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France (Ministère de la culture).

Printemps 2021, Galerie Sator – Romainville.
Automne 2021, Kunsthalle, centre d’art contemporain de Mulhouse

TOUT EST VRAI

TOUT EST VRAI (2018-2019) – film 52 min, sculpture, photographies, roman, performance, lecture.

DOSSIER DE PRESENTATION EN FRANCAIS

PRESENTATION FILE IN ENGLISH

“En juin dernier, le vidéaste et compositeur Romain Kronenberg a créé l’une des plus belles choses que l’on ait vues récemment”. Emmanuelle Lequeux, extrait de “Les plus belles œuvres de 2019”, in Beaux-Arts N°426, décembre 2019.

A FRAGILE TENSION

A FRAGILE TENSION – installation pour deux écrans. Langues originales : français & kurde. Version sous-titrée en anglais disponible.

VIDÉO – A fragile tension est l’aboutissement d’un processus par étapes qui avait d’abord consisté dans la réalisation de deux œuvres indépendantes : Rien que de la terre, et de plus en plus sèche et La forme de son corps avec l’excès de sable.  Imaginée en dyptique, l’œuvre met côte à côte deux situations et deux territoires en tant que le contre-champ l’un de l’autre : un homme parti à bord d’un cargo en quête d’un monde nouveau, deux hommes restés en arrière dans l’attente du signal d’un éclaireur ; un cargo lancé en pleine mer, un territoire désertique ; des kurdophones, un francophone ; mais une même radio qui permet le contact qui se perd, et surtout une enjeu commun, qui s’imagine universel : la nécessité de croire.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel, Adrien Dantou & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir.

Les mythes de Romain Kronenberg (extrait) – Jean-Luc Nancy, 2017
« Sur fond d’immensité marine ou rocheuse. Sur fond de cité vide ou de cargo non moins désert. Le fond est justement ce qui a lieu sans lieu  : masses énormes et lointains, déplacements sur place, poussées profondes – et dérives, départs, errances qui font valoir leur très précise ordonnance. On écoute. On regarde. C’est un seul et même geste qui filme et qui parle. Une même image qui ne cesse de monter du fond et de s’enfoncer en lui.
En lui  ? qui  ? le fond du paysage  ? des visages  ? des images  ? des paroles  ? des pensées  ? même jusqu’au fond de ce nom qui paraît façonné à coups de mythes, légendes et fables mémoriales : Romain Kronenberg, l’empire des montagnes couronnées. Comme une parole obstinément murmurée, marmonnée par un voyageur égaré. »

RIEN NE S’OPPOSE AU JOUR

RIEN NE S’OPPOSE AU JOUR – film / installation. Lange originale : français.

FILM – Un amour fusionnel unit DEUX à UN, deux femmes d’une quarantaine d’années habitant une maison contemporaine plongée dans une nuit infinie. Jour après jour, des rêves terrifiants et cosmiques troublent le sommeil de DEUX. Toute la maison s’en trouve ébranlée. UN se veut d’abord rassurante. Mais elle comprend bientôt que les dessins qu’elle réalise en secret et qui préparent un acte radical qu’elle s’apprête à commettre sont à l’origine des rêves qui anéantissent DEUX. Malgré tout l’amour qu’elle lui porte, UN achève son projet. Sous les yeux de DEUX qui s’éteint, elle fait naître le jour et meurt à son tour, inalliable au monde qu’elle vient de faire surgir et qui annonce l’humanité.

Produit par Delphine Schmit (Perspective Films), un film de Romain Kronenberg avec Audrey Bonnet & Nathalie Richard. Directrice de la photographie : Julia Mingo. Musique : Romain Kronenberg. Assistante mise en scène : Tünde Deak. Chef électricien : Thomas Coulomb. Preneur de son : Alix Clément. Remerciements à Julien Campus & Yannis Motte (BO.A Architecture) & Joël Davesne.

Prix SACEM de la meilleure musique originale au Festival Côté Court de Pantin 2018.

LA FORME DE SON CORPS AVEC L’EXCES DE SABLE

LA FORME DE SON CORPS AVEC L’EXCÈS DE SABLE – film / installation. Langue originale : français.

FILM – Un jeune homme, qui a choisi l’élan de l’exil, voyage à bord d’un cargo à travers les océans. Grâce à une radio, il reste en contact avec des hommes rencontrés sur la route peu après le départ. Il leur raconte le déclin de sa terre natale, leur parle d’espoir et de peur. Bientôt, le signal radio est perdu ; la distance qui le sépare de la terre est trop grande. Alors seul, le jeune homme évoque torpeur et espoir, passé et futur, carte et compas que symbolise la mer fendue en deux par le mouvement du cargo dans une traînée d’écume. 

CREDITS – Avec Adrien Dantou, Florian Desbiendras & Julia Mingo.

JUSQU’AUX REGIONS QUI GISENT AU-DELA DE LA MER

JUSQU’AUX RÉGIONS QUI GISENT AU-DELÀ DE LA MER – film / installation. Langue originale : français.

FILM – Dans une usine désaffectée, entre cuves métalliques, tuyaux qui serpentent tout au long des murs, coursives et innombrables fenêtres donnant sur le ciel, un homme et une femme accueillent leur fils, de retour au foyer. Ils se lavent, ils mangent, parlent peu. Sinon le soir quand, pour l’aider à dormir, ils lui racontent la création du monde, la naissance des dieux, la naissance du fils, celle des hommes et le lien entre ces entités dont ils bouleversent l’équilibre, par amour et jusqu’à l’abandon.

CREDITS – Avec Lucie Boujenah, Adrien Dantou & Léo Pochat. Lumières de Julia Mingo.

” Toute la mélancolie de la génération Y au milieu des machines dans une troublante vidéo “ (Emmanuelle Lequeux – Le Monde 27.02.2017)

RIEN QUE DE LA TERRE, ET DE PLUS EN PLUS SECHE

RIEN QUE DE LA TERRE, ET DE PLUS EN PLUS SÈCHE – film (18min) / installation. Langue originale : kurde.

FILM – Deux jeunes hommes sont installés dans le désert. Aucune âme à l’horizon. Ils attendent le retour d’un troisième homme parti en éclaireur. Les deux équipes restent en contact grâce à des radios. L’éclaireur explique le chemin qu’il accomplit, et l’étendue désertique toujours plus vaste devant lui. Il raconte l’espoir qu’il place dans chaque pas qu’il fait. Les deux jeunes hommes restés en arrière écoutent ; ils projettent leurs espoirs dans le futur et l’autre côté du désert. Mais la qualité du signal radio commence à faiblir. Des crépitements se font entendre sur la liaison. De plus en plus fortement. D’abord indéchiffrable, la voix finit par disparaître. Les deux jeunes hommes se retrouvent dès lors seuls et sans nouvelles. Doivent-ils se lancer en avant ? Rester où ils sont ? La réponse qu’ils imagineront est finalement un paradoxe : que croire est aussi essentiel qu’est la conscience que croire est vain.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir. Production Romain Kronenberg.

SO LONG AFTER SUNSET AND SO FAR FROM DAWN

SO LONG AFTER SUNSET AND SO FAR FROM DAWN – 2014-15 – film (7min) / installation. Langue originale : kurde.

FILM – Oscillant entre naissance et déclin du jour, la nuit plonge les bâtiments en ruine de Ani (ancienne capitale arménienne) et les bâtiments en construction de Mardin (à la frontière syrienne) dans les lueurs bleutées de leurs propres destins, entre passé et futur, dans un présent incertain. Des sous-titres accompagnent les images où un dialogue se noue entre titans et dieux, deux entités mythologiques opposées symbolisant le mécanique et l’organique, l’ordre et le désir, et révèlent leur irréconciliabilité tragique.

INSTALLATION – L’installation So long after sunset and so far from dawn se compose d’un écran et de deux photographies présentés côte à côte, tous de hauteur égale et constituant une fresque. Dans le film, une voix kurde sous-titrée, traitée musicalement et accompagnée d’autres éléments musicaux, déroule le dialogue imaginaire entre un Titan et un Dieu.

CREDITS film, musique, texte et photographies de Romain Kronenberg / traduction kurde de Kawa Nemir / avec les voix de Mehmet Korkut et Mazlum Adıgüzel.

CATALOGUE DU 61ème SALON DE MONTROUGE – Guillaume Désanges

Le musicien et cinéaste Romain Kronenberg développe un travail de l’épure et de la précision, une manière de sublimer une complexité des affects et des pensées dans la simplicité de l’objet (matériel et cinématographique).

Il conçoit des installations hybrides, sortes d’œuvres d’art total, entre sculpture, musique, photographie et cinéma, formant des paysages nés de l’éclatement spatial d’un film, et articulés autour d’objets récurrents, à la fois sculptures dans l’espace et accessoires, voire personnages à part entière.

Fondé sur un dense réseau de références, intentionnelles autant qu’intuitives (et dont les contours, parions-le, dépendent autant du spectateur que des artistes) l’œuvre procède d’un jeu de non contrôle ou de « lâcher prise » théorique, laissant la part belle à l’imaginaire. Reposant sur l’émergence du hasard à l’intérieur d’un programme établi, c’est une sorte de relais poétique du discours qui en détermine les formes.

Parmi les motifs cachés dans les plis de la narration, on trouve les questions de l’élan vital et de la stagnation, du progrès ou de la déchéance, jamais de manière manichéenne (ni même dialectique), mais dans une logique de tension identitaire, comme les deux faces d’une même réalité. Cette unité des contraires est très présente dans l’écriture filmique de Romain Kronenberg, de même que la figure d’un temps retroussé ou replié sous la forme d’un arc tendu, entre puissance et fragilité. Une tension mécanique que l’on retrouve parfois dans les sculptures fonctionnelles du designer Benjamin Graindorge, invité à collaborer à trois projets du cinéaste.

S’appuyant sur une résurgence du fantastique et du mythe dans le réel contemporain, c’est le regard que l’œuvre porte sur un état du monde actuel qui est le plus troublant, éclairant en lumière indirecte les marques d’un changement de civilisation, entre résistance, résignation, espoir et destruction.

PUTTING TIME BACK INTO THE CITY: IMPRESSIONS FROM THE 3RD MARDIN BIENNIAL (excerpts) – Gökcan Demirkazık

What happens when references are too far removed from one another, when myths, the mythologized and facts collide and collapse onto one another? So long after sunset and so far from dawn (2014), Paris-based artist Romain Kronenberg’s arresting video, juxtaposes new high-rises being built in outer Mardin with the stoic yet somber remnants of the Armenian medieval city of Ani (located in present-day Kars). The apartment blocks rise seemingly in the middle of nowhere, encircled by the vast emptiness of Mardin plains, as the story of the fall of the Titans is narrated through subtitles. Minimal modulations of the two-tone electronic ambient sound occasionally mix with something akin to a whistle; the camera cuts from one view to another, switching between the abandoned and the not-yet-occupied.

In the video, the cranes over construction sites become “the great columns that support the sky,” whose guardian, Atlas, not only has to bear the weight of the heavens, but also that of loneliness. The absence of human activity, which will soon materialize anyways in the newly built environment, allows one to see more clearly how the ruins of Ani constitute memento mori for the expanding city. Kronenberg extends the “temporal relief” in Aktaş’s work, the suggested locus of all mythology, into a Bergsonian time spiral, and overlays it with elements like love and faith that immediately recall cycles of life. The simultaneously (homo)erotic and messianic addresses of the unidentified narrator to Atlas subvert a monolithic understanding of myth-making (in the Greco-Roman tradition) limited to patriarchal struggles among gods and demi-gods, and Zeus’ violation of beautiful women.

ETE PERPETUEL

ETE PERPETUEL – 2015-16 – Film (43min) / installation. Langue originale : français.

FILM – Jeanne, 40 ans, se trouve isolée dans le jardin d’une maison d’été où elle s’était installée avec Louis des années plus tôt, juste après l’hécatombe. Depuis, son amour s’est noyé alors qu’il se baignait dans la piscine de la maison. Désormais seule, elle réactive la mémoire de Louis en pratiquant un jeu dialectique où elle prête sa voix et son intelligence à mettre en dialogue leurs deux caractères opposés. En effet celui qui, plein d’enthousiasme, désirait vivre a disparu, laissant seule celle qui, sceptique, peinait à s’engager. À mesure que le jeu se déroule, le souvenir de Louis devient si réel qu’il apparaît aux yeux de Jeanne. Bouleversée, elle quitte son quotidien et se laisse tomber dans la piscine où elle expérimente à la fois l’accident et son propre lâcher prise. Elle quitte l’eau et invente alors un poème où elle fait le deuil de son amour passé, se laissant traverser par la diversité des sentiments qu’elle a éprouvés depuis la disparition. Le temps s’est arrêté. Il reprend vingt ans plus tôt, quelques jours avant l’accident.

INSTALLATION – L’exposition d’Été perpétuel a précédé le tournage du film. Les objets qui concouraient à la fabrication du film furent rassemblés : répétitions vidéo sculptures photographies, et le public invité à se déplacer dans la potentialité de ce film à venir.

CREDITS – Avec Audrey Bonnet, Lucie Boujenah & Louis Berthélemy.Sculptures de Benjamin Graindorge. Film, musique & dialogues de Romain Kronenberg. Avec le soutien de la Fondation Galeries Lafayette / Villa Bernasconi, Ville de Lancy, Genève.

Vues du film (2015)

Fondation Galeries Lafayette – Paris (2015)

Centre Pompidou – Paris, Nouveau Festival (2015)

Villa Bernasconi – Genève (2015)