BIO PORTFOLIO

Après deux années passées à la Faculté de théologie protestante de Genève, Romain Kronenberg étudie la théorie musicale, le Jazz et la composition électro-acoustique au Conservatoire Supérieur de musique de Genève. Entre 2001 et 2005 à l’IRCAM où il est compositeur et sound designer, il collabore avec des plasticiens tels que Ugo Rondinone, Pierre Huyghe, Melik Ohanian et Thierry Kuntzel qui l’ouvrent à la vidéo. A partir de 2005, il étend peu à peu sa pratique à d’autres disciplines : la performance, la sculpture, la photographie, l’écriture et le cinéma.

Depuis 2005, Romain suit un double parcours. En tant que compositeur, il écrit pour les metteurs en scène, chorégraphes et plasticiens. On retrouve sa musique à l’Ircam, à la Comédie Française, au Théâtre de la Ville, au Théâtre du Vidy, à la MC93, à l’Abbaye de Royaumont, au Théâtre de Chaillot etc… Parallèlement, il développe ses propres projets sur lesquels il se concentre désormais presque exclusivement. En 2008, il est artiste en résidence au Palais de Tokyo, puis en 2009 à la Villa Kujoyama. Il montre son travail au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, à la Fondation Lafayette Anticipations, à la Fondation Fiminco, au Centquatre, au Musée d’Onomichi, au Hiroshima Art Document & au Kyoto Art Center, à la Biennale de Mardin, à l’Institute for contemporary arts of Singapore, etc…

D’abord contemplatif, son travail devient progressivement narratif, au travers des bruitages, puis de la parole. Depuis 2015, il explore le langage cinématographique. Ses films sont projetés au Festival Côté Court (Pantin), aux Rencontres Internationales Paris-Berlin, à l’International Film Festival of Rotterdam, à Loop Barcelona, au Mk2 Beaubourg, à la Gaité Lyrique et dans différents cinémas d’art et essai. En 2017, il réalise Rien ne s’oppose au jour produit par Delphine Schmit, avec Audrey Bonnet & Nathalie Richard. Il reçoit pour ce film le Prix de la meilleure musique originale (SACEM) au Festival Côté Court.

En 2019, il crée le projet Tout est vrai, où la narration est portée par un réseau d’œuvres et de médiums (performance, roman, photographie, sculpture, lecture, et film) apparaissant dans différents lieux (espace du film, festival, cinémas) tout au long d’une exposition qui se tient à la Galerie Sator. C’est dans la même dynamique que Romain développe actuellement Boaz, son prochain projet.

CV (français)

PORTFOLIO (français)

TOUT EST VRAI

TOUT EST VRAI – film de 52 minutes, photographies, sculpture, roman, performance, lecture.

RECITUn matin de printemps, sur la dalle en bas de leur tour où ils s’étaient donné rendez-vous, quatre jeunes personnes, la vingtaine, sont victimes d’une attaque : Pablo Adam est tué sous les yeux de son amie Zoé Jaspers, de Thomas Jaspers, son frère et de Felix Jeanneret, un voyageur de passage. Les trois survivants tentent de surmonter la disparition de leur ami à travers leurs pratiques artistiques respectives : la sculpture abritant la mémoire et les images du défunt, la photographie qui dévoile une échappée, et le roman comme hypothèse d’une autre issue à l’attaque sont rassemblés autour d’un film qui raconte leur histoire.

CREDITS – avec Pablo Cobo, Nicolas Lancelin, Valentine Cadic & Naël Malassagne. Image Julia Mingo. Montage en collaboration avec Julie Picouleau. Mixage son en collaboration avec Mikaël Barre. Productrice Delphine Schmit (Tripode Productions).

“Il était seul, à errer sur la dalle. Le casque sur les oreilles, la geste mélodieuse, le regard tourné sur lui-même. Un gamin d’aujourd’hui, banal. Sauf que quelques minutes plus tôt, nous l’avions vu mourir sous nos yeux. Assassiné, ici même, on ne sait pourquoi. Certes, ce n’était qu’un film, alors que ce jeune homme que nous avions sous les yeux était de chair et d’os. Etait-ce son double, son revenant, un messie de rien ? En juin dernier, le vidéaste et compositeur Romain Kronenberg a créé l’une des plus belles choses que l’on ait vues récemment. Un film et son double, récit “performé” dans la réalité pour un petit groupe de  visiteurs émus. L’ensemble, qui s’est déployé ensuite en maquette, livre, photographies, à la galerie Sator, s’intitule “Tout est vrai”. Et tout était alors vrai, absolument vrai.” Emmanuelle Lequeux, “Les plus belles œuvres de 2019“, in Beaux-Arts N°426, décembre 2019.

lecture du roman “Tout est vrai” de Zoé Jaspers par Audrey Bonnet & Romain Kronenberg (Festival Côté Court, Pantin / 2019)

A FRAGILE TENSION

A FRAGILE TENSION – installation pour deux écrans. Langues originales : français & kurde. Version sous-titrée en anglais disponible.

VIDÉO – A fragile tension est l’aboutissement d’un processus par étapes qui avait d’abord consisté dans la réalisation de deux œuvres indépendantes : Rien que de la terre, et de plus en plus sèche et La forme de son corps avec l’excès de sable.  Imaginée en dyptique, l’œuvre met côte à côte deux situations et deux territoires en tant que le contre-champ l’un de l’autre : un homme parti à bord d’un cargo en quête d’un monde nouveau, deux hommes restés en arrière dans l’attente du signal d’un éclaireur ; un cargo lancé en pleine mer, un territoire désertique ; des kurdophones, un francophone ; mais une même radio qui permet le contact qui se perd, et surtout une enjeu commun, qui s’imagine universel : la nécessité de croire.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel, Adrien Dantou & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir.

Les mythes de Romain Kronenberg (extrait) – Jean-Luc Nancy, 2017

Sur fond d’immensité marine ou rocheuse. Sur fond de cité vide ou de cargo non moins désert. Le fond est justement ce qui a lieu sans lieu  : masses énormes et lointains, déplacements sur place, poussées profondes – et dérives, départs, errances qui font valoir leur très précise ordonnance. On écoute. On regarde. C’est un seul et même geste qui filme et qui parle. Une même image qui ne cesse de monter du fond et de s’enfoncer en lui.

En lui  ? qui  ? le fond du paysage  ? des visages  ? des images  ? des paroles  ? des pensées  ? même jusqu’au fond de ce nom qui paraît façonné à coups de mythes, légendes et fables mémoriales : Romain Kronenberg, l’empire des montagnes couronnées. Comme une parole obstinément murmurée, marmonnée par un voyageur égaré.

RIEN NE S’OPPOSE AU JOUR

RIEN NE S’OPPOSE AU JOUR – film / installation. Lange originale : français.

FILM – Un amour fusionnel unit DEUX à UN, deux femmes d’une quarantaine d’années habitant une maison contemporaine plongée dans une nuit infinie. Jour après jour, des rêves terrifiants et cosmiques troublent le sommeil de DEUX. Toute la maison s’en trouve ébranlée. UN se veut d’abord rassurante. Mais elle comprend bientôt que les dessins qu’elle réalise en secret et qui préparent un acte radical qu’elle s’apprête à commettre sont à l’origine des rêves qui anéantissent DEUX. Malgré tout l’amour qu’elle lui porte, UN achève son projet. Sous les yeux de DEUX qui s’éteint, elle fait naître le jour et meurt à son tour, inalliable au monde qu’elle vient de faire surgir et qui annonce l’humanité.

Produit par Delphine Schmit (Perspective Films), un film de Romain Kronenberg avec Audrey Bonnet & Nathalie Richard. Directrice de la photographie : Julia Mingo. Musique : Romain Kronenberg. Assistante mise en scène : Tünde Deak. Chef électricien : Thomas Coulomb. Preneur de son : Alix Clément. Remerciements à Julien Campus & Yannis Motte (BO.A Architecture) & Joël Davesne.

Prix SACEM de la meilleure musique originale au Festival Côté Court de Pantin 2018.

LA FORME DE SON CORPS AVEC L’EXCES DE SABLE

LA FORME DE SON CORPS AVEC L’EXCÈS DE SABLE – film / installation. Langue originale : français.

FILM – Un jeune homme, qui a choisi l’élan de l’exil, voyage à bord d’un cargo à travers les océans. Grâce à une radio, il reste en contact avec des hommes rencontrés sur la route peu après le départ. Il leur raconte le déclin de sa terre natale, leur parle d’espoir et de peur. Bientôt, le signal radio est perdu ; la distance qui le sépare de la terre est trop grande. Alors seul, le jeune homme évoque torpeur et espoir, passé et futur, carte et compas que symbolise la mer fendue en deux par le mouvement du cargo dans une traînée d’écume. 

CREDITS – Avec Adrien Dantou, Florian Desbiendras & Julia Mingo.

JUSQU’AUX REGIONS QUI GISENT AU-DELA DE LA MER

JUSQU’AUX RÉGIONS QUI GISENT AU-DELÀ DE LA MER – film / installation. Langue originale : français.

FILM – Dans une usine désaffectée, entre cuves métalliques, tuyaux qui serpentent tout au long des murs, coursives et innombrables fenêtres donnant sur le ciel, un homme et une femme accueillent leur fils, de retour au foyer. Ils se lavent, ils mangent, parlent peu. Sinon le soir quand, pour l’aider à dormir, ils lui racontent la création du monde, la naissance des dieux, la naissance du fils, celle des hommes et le lien entre ces entités dont ils bouleversent l’équilibre, par amour et jusqu’à l’abandon.

CREDITS – Avec Lucie Boujenah, Adrien Dantou & Léo Pochat. Lumières de Julia Mingo.

” Toute la mélancolie de la génération Y au milieu des machines dans une troublante vidéo “ (Emmanuelle Lequeux – Le Monde 27.02.2017)

RIEN QUE DE LA TERRE, ET DE PLUS EN PLUS SECHE

RIEN QUE DE LA TERRE, ET DE PLUS EN PLUS SÈCHE – film (18min) / installation. Langue originale : kurde.

FILM – Deux jeunes hommes sont installés dans le désert. Aucune âme à l’horizon. Ils attendent le retour d’un troisième homme parti en éclaireur. Les deux équipes restent en contact grâce à des radios. L’éclaireur explique le chemin qu’il accomplit, et l’étendue désertique toujours plus vaste devant lui. Il raconte l’espoir qu’il place dans chaque pas qu’il fait. Les deux jeunes hommes restés en arrière écoutent ; ils projettent leurs espoirs dans le futur et l’autre côté du désert. Mais la qualité du signal radio commence à faiblir. Des crépitements se font entendre sur la liaison. De plus en plus fortement. D’abord indéchiffrable, la voix finit par disparaître. Les deux jeunes hommes se retrouvent dès lors seuls et sans nouvelles. Doivent-ils se lancer en avant ? Rester où ils sont ? La réponse qu’ils imagineront est finalement un paradoxe : que croire est aussi essentiel qu’est la conscience que croire est vain.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir. Production Romain Kronenberg.